Le poids de la technologie
Depuis l’avènement des capteurs de glycémie, nous sommes constamment sous surveillance. Vous avez sûrement fait partie de ces gens qui se scannent mille fois dans l’heure, et ne peuvent pas s’empêcher de regarder leur glycémie.
Certains réussissent à s’en détacher, d’autres mettent en place des mécanismes de protection pour éviter que tout ce la ne tourne à l’obsessionnel. Enfin, il y a aussi ceux qui se laissent malheureusement emporter dans cet engrenage.
Gisèle : Lorsque je suis passée à l’Omnipod, avec mon Dexcom, je passais toutes mes journées à vérifier mon taux de sucre, et bidouiller les réglages de ma pompe pour réagir en temps réel. Ma vie n’était plus que ponctuée des alarmes de mon capteur. Je ne vivais plus. C’est ce qui m’a conduit au « burn out diabétique. »
Les objectifs sont bien entendu importants dans notre traitement, mais ils mettent une telle pression !
La quête de perfection
Lorsqu’on veut si bien faire qu’on en oublie que nous ne sommes que des êtres humains, nos exigences peuvent nous faire du mal.
Bien sûr, on a tous envie de rester dans la cible glycémique, afin d’être sûrs de rester en bonne santé le plus longtemps possible… Mais nous sommes diabétiques, cela n’est pas toujours possible.
Il est très difficile de trouver un équilibre entre notre désir de réguler notre Diabète et notre envie…de vivre !
Parce que ne vous faîtes pas d’illusion, à moins d’accepter une routine stricte et une alimentation ultra-optimisé, vous ne serez jamais à 1.00 g/L toute votre vie.
//SPOILER ALERT : Même les non diabétiques ne le sont pas…!
Gisèle : C’est pourquoi j’insiste souvent sur le « bien vivre avec son Diabète », ou « vivre heureux avec son Diabète ». Parce que selon moi, l’équilibre mental est tout aussi important que la glycémie, et pour cela, il faudra forcément faire des compromis.
C’est plus facile à dire qu’à faire, mais le mot clé est le « lâcher prise« . Dans le Diabète, comme dans la vie, on ne peut pas tout contrôler. On ne vous dit pas de tomber dans l’excès inverse et de tout abandonner, mais essayons de lâcher prise quand cela est nécessaire. On fera mieux la prochaine fois, et l’important, c’est d’avoir une rigueur globale.
Cacher sa charge mentale
Gisèle : Et puis il y a ceux qui se rajoutent une charge mentale énorme, en essayant de cacher…cette charge mentale, justement. Je pense notamment aux mères de famille, qui ont souvent l’impression que leur famille entière repose sur elles, et qu’elles ne peuvent pas se permettre ce genre de faiblesse. Au conjoint qui ne veut pas embêter, à l’enfant qui ne veut pas prendre de place…
J’ai beaucoup de compassion et d’amour pour ces DT1, et j’espère qu’ils sauront vite être plus bienveillants envers eux-même.